L’année 2022 a été marquée par l’augmentation continue des demandes d’entretiens psychologiques. Cette demande grandissante a été particulièrement complexe à gérer par nos psychologues, puisque les suivis qu’ils/elles mettent en place nécessitent à la fois du temps (certains entretiens dépassent soixante minutes) et de la régularité. Additionnée à un manque d’effectifs déjà préexistant, cette augmentation des besoins a contraint nos équipes à prioriser leur travail et à agir dans un climat d’urgence.
Comme en 2021, le réseau de première et de seconde ligne est de nouveau arrivé à saturation en 2022, rendant presque impossibles les orientations vers d’autres structures que les hôpitaux. Les délais d’attente pour les hospitalisations en service psychiatrique prennent en outre plusieurs semaines, voire plusieurs mois quand il s’agit de cures et de post-cures. Le réseau «précarité bas-seuil» est lui aussi complètement saturé, que ce soit pour les hébergements ou les suivis : un constat particulièrement inquiétant puisqu’une partie importante du public sans abri ne dispose ni de titre de séjour valable, ni de revenus. Le sentiment de détresse des bénéficiaires augmente alors, plongeant ceux/celles-ci dans un véritable cercle vicieux.
Cette saturation du réseau a bousculé nos activités en 2022 et a maintes fois obligé nos psychologues à assurer un suivi clinique au détriment d’un travail d’accompagnement vers l’orientation.