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L’accompagnement psychologique

Certaines de nos équipes sociales ne sont pas ou peu outillées pour la prise en charge de problématiques de santé mentale parfois complexes, et la nécessité d’implanter un service « psy » dans les centres d’hébergement d’urgence répond à une demande constante dans le milieu de la précarité sociale.

Par ailleurs, la prise en charge de la dimension « psy » reste essentielle dans l’évaluation des situations individuelles qui doivent être appréhendées de façon globale en mobilisant des compétences multidisciplinaires, psycho-médico-sociales.

 

En 2022

665 personnes reçues en entretien individuel (10,18 % du public accueilli)

Objectifs

À travers l’accompagnement et le suivi individualisés, le service «psy» vise à :

  • Créer un lien de confiance avec la personne ;
  • Atténuer sa souffrance psychique et son sentiment d’exclusion par des rencontres régulières et une écoute active et empathique ;
  • Accompagner et encourager la reprise de liens avec les institutions sociales/médicales ainsi qu’avec le réseau personnel de la personne ;
  • Proposer la mise en place de soins globaux, en collaboration avec le réseau ;
  • Renforcer ou restaurer la continuité de soins et de suivi de la personne en matière de santé mentale ;
  • Orienter l’individu dans la mesure du possible vers un lieu de vie plus adapté ;
  • Répondre aux situations de crise/de décompensation par une évaluation clinique « à chaud » et par la mise en place d’un cadre autour de la personne afin d’atténuer sa souffrance.

Activité 2022

L’année 2022 a été marquée par l’augmentation continue des demandes d’entretiens psychologiques. Cette demande grandissante a été particulièrement complexe à gérer par nos psychologues, puisque les suivis qu’ils/elles mettent en place nécessitent à la fois du temps (certains entretiens dépassent soixante minutes) et de la régularité. Additionnée à un manque d’effectifs déjà préexistant, cette augmentation des besoins a contraint nos équipes à prioriser leur travail et à agir dans un climat d’urgence.

Comme en 2021, le réseau de première et de seconde ligne est de nouveau arrivé à saturation en 2022, rendant presque impossibles les orientations vers d’autres structures que les hôpitaux. Les délais d’attente pour les hospitalisations en service psychiatrique prennent en outre plusieurs semaines, voire plusieurs mois quand il s’agit de cures et de post-cures. Le réseau «précarité bas-seuil» est lui aussi complètement saturé, que ce soit pour les hébergements ou les suivis : un constat particulièrement inquiétant puisqu’une partie importante du public sans abri ne dispose ni de titre de séjour valable, ni de revenus. Le sentiment de détresse des bénéficiaires augmente alors, plongeant ceux/celles-ci dans un véritable cercle vicieux.

Cette saturation du réseau a bousculé nos activités en 2022 et a maintes fois obligé nos psychologues à assurer un suivi clinique au détriment d’un travail d’accompagnement vers l’orientation.

PERSPECTIVES 2023

  • Renforcer la collaboration avec l’ensemble des acteurs bruxellois en vue, notamment, d’accéder plus rapidement à des orientations en adéquation avec les demandes et les besoins des bénéficiaires ;
  • Mener un plaidoyer en vue d’obtenir des budgets supplémentaires permettant de renforcer l’équipe psy sur le pôle «Sans-abris». L’engagement de deux psychologues supplémentaires et d’un·e infirmier·e spécialisé·e en santé mentale est nécessaire pour répondre aux besoins croissants de prise en charge et d’accompagnement dans ce domaine ;
  • Mettre en place un programme de formation permettant d’outiller les équipes sociales dans la prise en charge des personnes présentant une problématique de santé mentale ;
  • Mener une réflexion sur la pertinence d’embaucher un·e psychiatre pour gérer les urgences psychiatriques, de plus en plus fréquentes en 2022.